L'association, Les Amis de la santé mentale, un organisme communautaire à but non lucratif, offre aux familles et amis du soutien, de l'information et de l'éducation pour aider ceux et celles qui sont aux prises avec la maladie mental d'un proche.

Une partie de moi

Je me présente. Mon nom est Chantal. J'ai grandi avec une sour qui  souffre  d'une maladie mentale. C'est à l'age de 8 ans qu'on l'a diagnostiquée. J'avais alors 4 ans et mon frère en avait trois. Mes parents ont été vraiment bouleversés par ce diagnostic. J'étais l'étudiante d'été à Les Amis de la santé mentale pendant l'été 2005.

Durant toute mon enfance, j'avais l'impression que ma famille n'était pas normale. Mes parents avaient décidé de cacher la vérité, alors je n'obtenais pas de réponses à mes questions. Au lieu de m'expliquer le comportement erratique de ma so ur , on me disait de ne pas l'agacer parce qu'elle était « sensible ». Donc, c'était de ma faute si elle était méchante avec moi. J'étais une mauvaise s o ur . Mes parents ne se rendaient pas compte de la portée de leur message, alors je ne les blâme pas. Ils ne connaissaient pas mieux. Toutefois, le résultat est que je me sentais à part. Très jeune, j'ai commencé à me distancer de ma propre famille parce que je croyais qu'ils ne voulaient pas s'occuper de moi, que je n'étais pas digne. Je ne sentais pas que je faisais partie de cette famille. C'est ainsi que j'ai fait face à cette situation.

À 17 ans, mes parents ont été obligés de nous dire la vérité, à mon frère et à moi. Ma so ur avait tenté de se suicider et était hospitalisée dans une unité psychiatrique. Malheureusement, j'étais devenue presque complètement indépendante au cours des 13 années précédentes. Je vivais sous leur toit parce que je n'avais pas d'autre choix (mes parents étaient très strictes) mais il n'existait aucune interaction entre moi et les autres membres de ma famille. Je travaillais depuis l'age de 12 ans et je m'occupais de tous mes besoins habituels: vêtements, nourriture, fournitures d'école. J'achetais même mon propre savon et ma brosse à dents. D'une certaine façon, c'était trop tard pour moi.

Quand j'ai enfin pu quitter la maison pour aller à l'université, je me suis aperçue que non seulement je ne connaissais pas ma famille, je ne me connaissais pas moi-même, malgré mon indépendance. Je me tenais tellement occupée par mes activités à l'école, au travail et dans les sports que je ne m'étais jamais permise un moment de réflexion sur moi. J'avais toujours survécu, jamais vécu. J'avais toujours été timide mais il m'arrivait de subir des attaques de panique si je devais rencontrer de nouvelles personnes. Après avoir difficilement passé ma première année à l'université, j'ai accepté un emploi en Colombie Britannique, où je suis devenue très dépressive. J'avais peur de demander de l'aide. J'avais toujours pris soin de moi-même, et là je ne savais pas où  trouver du soutien.

Aujourd'hui, je vais beaucoup mieux. J'ai reçu et accepté de l'aide d'un homme très patient qui est devenu mon mari, ainsi que de la part d'un conseiller de l'université qui m'a offert compréhension et soutien. Je suis retournée à l'université et après avoir obtenu un baccalauréat en psychologie, j'ai travaillé à Les Amis. J'ai encore des efforts à faire, je travaille à me connaître mieux, et je fais de bons progrès. Malheureusement, j'ai toujours de la difficulté avec ma famille. Je me sens étrangère chez eux parce que ma famille ne me connaît pas vraiment. J'ai été éloignée d'eux depuis si longtemps.

En terminant, laissez-moi vous exprimer mon message. Si vous croyez qu'en cachant la maladie mentale d'un membre de votre famille aux autres, vous les protégez, détrompez-vous. La maladie mentale, ce n'est pas contagieux. Et vous n'avez pas à en avoir honte.  Soyez ouverts et honnêtes avec vos enfants. Même s'ils sont trop jeunes pour comprendre toutes les facettes de la maladie, ils se sentiront plus en confiance si vous les informez de ce qui se passe vraiment. Les enfants doivent comprendre que ce n'est pas de leur faute, ni la faute de personne. Je me suis sentie négligée, ce qui a entraîné des problèmes de développement chez moi par la suite. Ne permettez pas que vos enfants souffrent des problèmes semblables. Demandez de l'aide et informez-vous sur la façon d'éduquer les enfants au sujet de la maladie mentale. Les ressources pour y arriver sont disponibles. Alors, profitez-en!

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Offrir du soutien aux familles touchées par la maladie mentale d'un proche, essentiellement au service de la banlieue ouest de l'île de Montréal.
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