Refus de prendre les médicaments
Il s'agit là d'un des problèmes qui occasionne le plus de frustrations. Il peut être difficile de comprendre pourquoi quelqu'un atteint de schizophrénie refuserait de prendre ses médicaments alors que la nécessité de le faire apparaît comme une évidence pour les autres. Il y aurait essentiellement cinq raisons qui expliqueraient qu'une personne rejette ses médicaments .
* Il peut arriver qu'elle perçoive mal sa maladie. Comme elle ne se considère pas malade, elle ne voit pas pourquoi elle prendrait des médicaments. Ou encore, certains pensent que ce sont les médicaments qui provoquent la maladie. Si la paranoïa figure parmi les symptômes de la maladie, le sujet peut avoir l'impression que les médicaments font partie d'un complot qui vise à nuire à son fonctionnement.
* La personne peut souffrir des effets secondaires désagréables des médicaments et considérer que ces derniers lui font plus de mal que de bien.
* La personne peut suivre un plan de soins complexe qui l'amène à prendre plusieurs comprimés par jour. Il est possible qu'elle ait du mal à suivre ce régime et qu'elle réagisse mal aux rappels constants de sa maladie.
*La personne peut se porter tellement bien qu'elle en oublie de prendre ses médicaments, ou qu'elle pense pouvoir s'en passer.
*Personne peut réagir très favorablement au retour de certains symptômes tels que les voix qui lui tiennent des propos agréables et qui lui donnent le sentiment d'être unique.
Les personnes qui souffrent de schizophrénie doivent prendre des médicaments prescrits par le médecin . Voici une liste d'idées et de conseils qui vous aideront à faire face à ce difficile problème :
*Sachez que la posologie initiale doit être surveillée de près, constamment. Autrement dit, soyez toujours à l'écoute de l'intéressé lorsqu'il se plaint des effets secondaires de ses médicaments. Faites de votre mieux pour lui montrer de l'empathie quand il semble souffrir beaucoup de l'effet de ses médicaments.
*Sachez que les « mauvais » symptômes ( par exemple, les hallucinations ou les idées délirantes) ne réapparaîtront pas immédiatement après l'abandon d'un médicament. Les antipsychotiques, par exemple, demeurent dans l'organisme pendant une période de six semaines à trois mois. Vous disposez donc de ce moment de « grâce » pour vous attaquer au problème. Si, au bout de trois mois, le malade choisit de reprendre le médicament, il aura peut-être besoin d'une dose d'entretien plus forte.
*Expliquez à la personne, sans adopter le ton de la menace,
qu'elle peut se retrouver à l'hôpital si elle ne prend pas ses médicaments
médicaments. Certains malades refusent les mises en garde; d'autres n'ont pas d'objection à retourner à l'hôpital.
*Si quelqu'un d'autre dans votre famille prend des médicaments, faites de la prise des médicaments un rituel. Autrement dit, tout le monde prend ses médicaments en même temps (même s'il s'agit de vitamines).
*Il est plus facile de prendre un comprimé par jour que six. Consultez le médecin au sujet du mode d'administration des médicaments de la personne schizophrène.
*Dans le cas de personnes qui oublient constamment de prendre leurs médicaments par voie buccale, il peut être utile de recourir à une boîte à pilules pour les sept jours de la semaine.
*N'essayez jamais de dissimuler les médicaments dans les aliments. Si la personne est déjà paranoïaque, cela ne ferait qu'aggraver les choses. La confiance ne régnera jamais.
*Les gens sont plus portés à se lasser des médicaments administrés par voie buccale que des médicaments injectables. En outre, avec les médicaments injectables, on a l'assurance que la personne a pris la dose prescrite, ce qui n'est pas le cas avec une pilule qu'on peut recracher, dissimuler sous sa langue, etc. Discutez avec le médecin des avantages et des inconvénients d'un changement de médicament. (Les professionnels de la santé signalent que les injections présentent aussi des désavantages : sentiment possible d'humiliation, perte de contrôle et risque d'une accumulation de médicaments dans l'organisme avec le temps.)
*Les médicaments injectables sont administrés une fois par semaine ou toutes les deux ou trois semaines, selon le type de neuroleptique. Prévoyez une activité agréable (par exemple, un film ou un repas au restaurant) le jour où la personne doit aller recevoir son injection. Laissez-lui savoir que vous êtes fier de son attitude face aux médicaments dont elle a besoin.
*Faites de votre mieux pour garder votre sang froid et pour vous montrer raisonnable lorsqu'il s'agit de voir à ce que la personne prenne ses médicaments. Si vous êtes trop insistant, l'intéressé aura peut-être plus de difficulté à accéder à une plus grande autonomie. Une période d'apprentissage peut s'avérer nécessaire.
Texte tiré de: LA SCHIZOPHRÉNIE, guide à l'intention des familles . Par Santé Canada en collaboration avec la Société Canadienne de Schizophrénie (à visiter sur le web: www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pubs/la_schizophrenie/index.html ). |