Psychose, Que faire en cas de crise .
La plupart des familles consultées ont indiqué que leur parent avait connu une crise ou un épisode psychotique - c'est-à-dire une sévère perte de contact avec le réel - quelques mois après qu'elles aient commencé à remarquer l'apparition de comportements inusités. D'autres ont cependant affirmé que la crise était survenue sans avertissement ou presque.
Durant une crise, votre parent manifestera certains des symptômes suivants : hallucinations, idées délirantes, troubles du cours de la pensée, troubles de comportement et troubles de l'humeur. Selon les familles qui ont vécu cette situation, il est impossible de se préparer à l'avance contre le choc, la panique et l'épouvante qu'on ressent lorsque son parent arrive à cette étape de la schizophrénie. Vous devrez également comprendre que votre parent sera probablement aussi terrorisé que vous par ce qui lui arrive : il pourra entendre des « voix » lui ordonnant de faire des choses dangereuses, voir des serpents ramper sur le bord de la fenêtre ou encore sentir des gaz toxiques s'infiltrer dans la pièce où il se trouve. Vous devrez alors chercher à obtenir une assistance médicale le plus rapidement possible, et votre parent pourrait devoir être hospitalisé. (.)
Conseils pratiques en cas de crise :
CHOSES À FAIRE - Efforcez-vous de demeurer le plus calme possible. Éliminez les sources potentielles de distraction; éteignez la radio, la télévision, etc. Demandez aux autres personnes présentes de sortir, au besoin. Jamais plus d'une personne à la fois ne devrait parler au malade. Dites, par exemple : « Viens t'asseoir et explique-moi ce qui se passe » ou « Assieds-toi et calme-toi ».Exprimez-vous clairement, calmement et sur un ton normal. Commentez les comportements que vous observez : « Tu as peur, tu es fâché, tu es confus. Dis-moi de quoi tu as peur, etc. » Évitez les affirmations paternalistes faites sur un ton autoritaire telles que: « Tu te comportes comme un enfant » ou « Tu vas faire ce que je te dis, ma fille ». Répétez vos questions ou vos affirmations, au besoin, en utilisant chaque fois les mêmes mots. Ne reformulez pas votre question dans l'espoir de la rendre plus facile à comprendre. Faites en sorte que votre parent sente que son « espace vital » n'est pas menacé. Ne vous tenez pas au-dessus ou trop près de lui. Comprenez qu'une attitude trop émotive de votre part risque d'amplifier l'état d'excitation dans lequel il est plongé.
CHOSES À NE PAS FAIRE - Ne criez pas. Si votre parent semble ne pas vous écouter, c'est peut-être parce qu'il entend d'autres « voix » plus fortes. Ne le critiquez pas. Vous ne pouvez plus discuter rationnellement avec lui au point où il en est. Ne le forcez pas à mettre ses menaces à exécution. Évitez les contacts visuels prolongés. Ne bloquez pas la sortie et ne discutez pas avec d'autres personnes de ce qu'il convient de faire.
Il est nettement préférable que votre parent accepte de vous accompagner à l'hôpital de son plein gré, si cela est possible. Si vous craignez qu'il refuse, demandez à un ami d'essayer de le convaincre. Certaines personnes ont affirmé avoir connu du succès en offrant un choix à leur parent : « Veux-tu venir à l'hôpital avec moi, ou préfères-tu y aller avec Jean? » Une telle approche peut atténuer le sentiment d'impuissance ressenti par le malade. Tout choix, quelle que soit son importance, lui donne l'impression qu'il maîtrise partiellement l'horrible situation dans laquelle il se trouve.
Les familles consultées ont aussi indiqué que les patients qui vivent un épisode psychotique peuvent parfois être violents. Si c'est le cas, vous n'aurez pas le temps de lui parler calmement ni de téléphoner au médecin ou au psychiatre afin d'obtenir des conseils. Sa perception du réel étant altérée, votre parent pourrait croire à ses hallucinations et fracasser une vitre, par exemple. Il pourrait menacer de s'infliger des blessures, de vous faire du mal ou de causer des dommages matériels. Une mère se rappelait, par exemple, que son fils hurlait que Dieu lui avait ordonné de la tuer. En pareilles circonstances, vous devrez prendre toutes les précautions voulues pour assurer votre protection et celle des autres (y compris du malade). La meilleure chose à faire pourrait être d'évacuer les lieux, d'enfermer le malade dans une pièce pendant que vous téléphonez ou de sortir pour demander de l'aide. Toutefois, une telle conduite n'est conseillée que dans les situations extrêmes. Si tel est le cas, la seule chose à faire est probablement d'appeler les policiers. 1 Il pourrait être imprudent de tenter de conduire vous-même votre parent à l'hôpital, à moins que vous ne soyez accompagné d'une autre personne.(.)
Plan d'urgence
Les familles consultées vous recommandent fortement d'établir un plan d'urgence en prévision des crises.
1.Dressez une liste de numéros de téléphone utiles en cas de crise : service de police, médecin ou psychiatre, ou les deux, et établissement psychiatrique où votre parent pourrait être hospitalisé. 2
2.Demandez à l'avance au médecin ou au psychiatre de votre parent à quel hôpital vous devriez vous rendre en cas d'urgence.
3.Déterminez à qui des membres de la famille ou de ses amis votre parent est susceptible de faire le plus confiance en situation de crise. 4.Établissez à qui vous pourriez téléphoner pour obtenir de l'aide, quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit.
5.Prévoyez qui s'occupera des enfants, s'il y a lieu.
6.Jugez s'il convient d'expliquer à l'avance la situation au service de police de votre localité afin d'obtenir des conseils sur la conduite à tenir en cas d'urgence.
7.Rappelez-vous que votre parent pourrait être moins effrayé en cas de crise si le plan d'urgence lui a été expliqué et s'il sait à quoi s'attendre. (.) "
Texte tiré de: LA SCHIZOPHRÉNIE, guide à l'intention des familles. Par Santé Canada en collaboration avec la Société Canadienne de Schizophrénie ( À visiter sur le web: www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pubs/la_schizophrenie/index.html ).
1 Si la situation permet un délai de quelques heures on pourra faire une requête pour évaluation psychiatrique à la cour.
2 Aussi du Centre de crise.
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