L'association, Les Amis de la santé mentale, un organisme communautaire à but non lucratif, offre aux familles et amis du soutien, de l'information et de l'éducation pour aider ceux et celles qui sont aux prises avec la maladie mental d'un proche.

Méditation et voix du coeur

La méditation est utilisée depuis des millénaires. Elle a été encouragée par les principales religions - l'hindouisme, le bouddhisme, le christianisme, les enseignements cabalistes, incluant les pratiques chamaniques des indigènes ou des autochtones. Elle a été enseignée sous différentes formes, parfois utilisant des moyens inusités, parfois proposant des rituels exigeants et réservés aux initiés. Le contrôle respiratoire, l'adoption de différentes positions corporelles, certaines danses et chants, les répétitions de mantra, la prière, la contemplation d'images ou d'icônes sont ses formes les plus connues. Quelque soit la méthode le but est de maintenir la concentration de l'esprit. Aujourd'hui, ce sont les tendances nouvel âge qui en font la promotion. Mais il s'agit de bien plus qu'une mode renouant avec d'anciennes pratiques culturelles exotiques ou religieuses. La science actuelle en confirme les vertus. Des études sérieuses montrent maintenant que la méditation est capable d'entretenir et de restaurer les circuits du cerveau, du système nerveux et de stimuler l'efficacité du système immunitaire.

Un article récent du Time Canada (4 août, 2003) sur le sujet, rapporte qu'on estime à plus de 10 millions le nombre d'américains adultes qui pratiquent la méditation régulièrement pour gérer leur stress. Des techniques de méditation sont de plus en plus enseignées dans les écoles et les bureaux. Elles font partie intégrante de certains traitements dans les hôpitaux et dans des programmes de réhabilitation de certains prisonniers. Un grand nombre de médecins prescrivent la méditation ainsi que la médication et les modifications diététiques. Maintenant, elle a fait ses preuves de manière irréfutable. Elle aide à la gestion de la douleur chronique, au ralentissement de l'évolution des maladies coronariennes, à mieux supporter les traitements contre le sida, le cancer, notamment du sein et de la prostate, favorise les traitements contre l'infertilité, la dépression, l'anxiété, le déficit d'attention, aide aussi à  contrôler la dépendance aux drogues ou à l'alcool et à réduire les comportements antisociaux.

Les recherches montrent que ceux qui pratiquent régulièrement la méditation voient l'activation des différentes zones de leur cerveau se moduler différemment ( augmentation des ondes thêta, baisse de l'activité dans les régions frontales et du lobe pariétal, activation du système lymbique, moins d'activité du côté de l'hémisphère droit lié aux préoccupations et plus du côté de l'hémisphère gauche associé au sentiment d'harmonie et au bonheur, reprogrammation de la stimulation de la formation réticulaire et du thalamus). Ainsi, les différentes fonctions cérébrales voient neutraliser leur fonctionnement lié aux conditions de survie, d'attaque et de fuite, qui entretiennent la chimie du stress dans l'organisme. Elles adoptent alors un mode inhérent à l'harmonie, au calme et au bien-être propice à la restauration mentale, aux mécanismes d'autoguérison de l'organisme et favorable à une attitude de coopération. Il y a des fondements physiologiques certains à la promesse de la philosophie bouddhiste voulant que d'être assis en silence à se concentrer sur sa respiration, un mot ou une image, à s'entraîner à être présent à l'ici/maintenant, loin des préoccupations du passé/futur, permet de transcender la réalité en l'acceptant plus facilement. Ainsi se développe un sentiment d'harmonie avec l'univers.

Dix à quarante minutes deux fois par jour suffisent pour recréer sa paix intérieure et mettre effectivement un Nirvana psychologique et physique à porté de la main. L'article du Time conclue qu'on peut passer beaucoup de temps à se préoccuper, mais le temps consacré à méditer nous rappelle que c'est comment on se sent à l'intérieur qui importe et que c'est de là que l'on tire une impression de clarté et un sentiment de contrôle sur sa vie. Il n'est pas utile de viser les exploits des transes profondes des maîtres Yogi qui peuvent, par exemple, augmenter leur température corporelle suffisamment pour sécher sur leurs dos des serviettes trempes durant les températures glaciales de l'Himalaya. La méditation relève d'une sagesse ancestrale qui propose d'abord une forme d'hygiène élémentaire. La vie moderne nous en a éloigné. La récurrence de certaines de nos maladies et notre impuissance à les guérir poussent la science à en redécouvrir la valeur de la méditation pour mieux nous en convaincre. 

Récemment certains chercheurs ont accordé une importance particulière à la méditation relativement au cour. Là encore les vieux enseignements voulant qu'il faut suivre la Voix du cour et les adages populaires à l'effet d'écouter son cour, d'avoir bon cour, de se garder le cour léger, contrastant avec les états de cour en peine, de cour de pierre, d'avoir mal au cour, d'être un cour brisé, d'avoir le cour lourd, prennent tout leur sens. Le cour est le siège de nos états amoureux, mais aussi celui de l'harmonie dans notre vie. Si la modulation des activités du cerveau  peut amener un état de bien être, c'est dans le corps et ses organes que celui- ci est ressenti. Le cour est un des sites importants du ressenti de nos émotions les plus déterminantes: la joie, la peine, la peur.

La physiologie du cour le rend bien plus qu'un muscle à pomper. Il est capable de sécréter des hormones et possède un réseau neuronal complexe qui est presqu'un petit cerveau en soi. Celui-ci communique avec le cerveau via le système nerveux autonome. Notre cerveau est ainsi sensible à la cohérence des rythmes du cour et répond aux sensations qu'il éprouve. Le système cour-cerveau fonctionne en biofeedback. Le chaos rythmique du cour, induit par la colère, la frustration, l'anxiété, les préoccupations, réduit les performances du cerveau. La cohérence cardiaque, elle, se traduit par des réponses cérébrales plus rapides, précises et adaptées. Comme le met en évidence le psychiatre David-Scheirber ( Guérir le stress, l'anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalys e . 2003. Paris: Éditions Robert Laffont) et les chercheurs américains du Heartmath Institute, il en va à la fois de la santé mentale, de celle du cour et de tout l'organisme. Nos pensées, nos émotions et notre corps forment un tout pour lequel l'harmonie cour-cerveau est capitale. Ils préconisent de s'entraîner à rétablir la cohérence cardiaque par une méditation qui se concentre sur la région du cour. Il s'agit de se rappeler d'un sentiment positif et d'en évoquer le ressenti au niveau du coeur. Ici, les sentiments chaleureux, d'amour, de compassion et de gratitude sont de précieux aides. Cela restaure la cohérence des battements cardiaques et aide à stabiliser le cerveau émotionnel. Aussi, le cerveau reçoit le message de maintenir cet état. Celui-ci devient une orientation précise pour ses fonctions cognitives et de résolution de problèmes. Cette pratique, avec le calme qu'elle amène, rend plus disponible à l'émergence d'inspirations et d'intuitions justes, de manières de percevoir et de comprendre renouvelées. Elle donne de l'ouverture en gardant un esprit positif, alerte et fluide. Les auteurs préconisent d'être particulièrement attentif aux états de colère et de frustration qui sont déstabilisants et nocifs. En les identifiant et en cherchant à rétablir la cohérence du cour on en limitera l'impact et on favorisera des manières de penser et d'agir propice à la résolution des conflits. 

Apprendre ainsi à se connecter sur son cour, pour en moduler le rythme, quelques minutes par jour et le faire pour quelques secondes chaque fois qu'il y a un sentiment de frustration, de peine, d'anxiété ou de stress, est un peu comme apprendre à tenir compte et communiquer avec son ''moi viscérale''. La maîtrise de la cohérence cardiaque a ainsi amélioré les conditions de personnes souffrant de troubles cardiaques, diminué substantiellement des cas d'insomnie, de sensation d'épuisement, d'anxiété et de fatigue mentale. Elle semble permettre de réduire la tension artérielle autant que le ferait un régime faisant perdre 20 kilos et deux fois plus qu'un régime sans sel. Après un mois de pratique, trente minutes par jour, cinq jours par semaine, elle favoriserait l'équilibre hormonal, en augmentant le taux de DHEA de 100%, considérée par certains comme une véritable hormone de jouvence, et réduirait significativement la sécrétion de cortisol - l'hormone du stress.  Dire que le cour a ses raisons que la raison ne connaît pas devra dorénavant être sérieusement révisé.

Peu importe les rituels, l'encens, les bougies, le lieu, le vocabulaire et les croyances qui l'entourent, seul ou en groupe, la méditation est surtout la recherche d'un état. Étant intérieur, il nous appartient d'en prendre le contrôle et de le choisir. Il se cultive et s'entretient avec la pratique. Ce qui a été enseigné comme valable sur le plan spirituel devient de plus en plus clairement tout aussi valable sur le plan psychologique et physiologique. Le corps et l'esprit, les pensées et les émotions, l'individu et les perceptions qu'il entretient sur son environnement, ne sont pas limités par de véritables frontières. Notre culture avec ses moyens les plus sophistiqués de recherche médicale redécouvre, au niveau des mécanismes biologiques les plus complexes, les fondements de vérités humaines les plus simples et connues depuis longtemps. Cela en dit long sur notre attachement à notre mode de vie compliqué avec toutes ses obligations et ses préoccupations quotidiennes qui nous tiennent toujours beaucoup trop à cour...

Méditer est simple. Il suffit simplement de consacrer du temps et l'habitude se formera. Notre qualité de vie et notre santé peuvent tout simplement mieux s'en porter. Peut-être qu'on devrait y voir et y restaurer en toute simplicité le véritable sens du sacré.

L'ABC de la Méditation

Trouver un endroit calme où il y a peu de distractions.
Fermer les yeux pour réduire les informations qui viennent du monde extérieur.
Se concentrer sur sa respiration.
Se concentrer sur un mot, une courte phrase, un objet, une scène visualisée.
10 à 40 minutes deux fois par jour.
Méditation de la cohérence du cour
Prendre quelques respirations en se donnant l'impression de dégager l'espace du cour dans la poitrine.
Évoquer le ressenti au niveau du cour d'une émotion positive. Joie, amour, paix, gratitude.
S'aider en visualisant un souvenir agréable ou en imaginant une scène où l'on se sent confortable.
Faire en méditation quotidienne, 10 à 40 minutes deux fois par jour. Répéter durant la journée au besoin lors de tensions, d'anxiétés, de situations inconfortables ou de conflit.

Méditation active et Contemplation

Se concentrer sur l'exécution d'une tâche répétitive ou une activité simple comme marcher, cuisiner, peindre, sculpter, danser, tricoter, faire du Tai chi, dessiner des mandalas. S'y adonner sans tenir compte du temps et sans pression. Accorder plus d'importance au processus qu'au résultat.

Passer du temps en nature, regarder les vagues d'un lac ou une chute d'eau, un feu de foyer, le vent dans les feuilles des arbres, les poissons d'un aquarium, la flamme d'une bougie, les étoiles, observer un animal.

Écouter de la musique relaxante, du Mozart, des sons naturels...

En tout temps

Profiter des bons moments de la vie et apprécier en chaque occasion le sentiment de bien-être et de paix qu'ils apportent.

Réduire l'exposition inutile à la violence et aux informations dramatiques au cinéma et à la télévision.   

Par Diane Grenier, Programme de soutien aux familles

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