L'association, Les Amis de la santé mentale, un organisme communautaire à but non lucratif, offre aux familles et amis du soutien, de l'information et de l'éducation pour aider ceux et celles qui sont aux prises avec la maladie mental d'un proche.

Les signes de récidive en schizophrénie

Lorsqu'il s'agit de schizophrénie, une récidive désigne un retour des symptômes aigus. Comme l'indiquent Jeffries, Plummer,Seeman et Thornton : « La schizophrénie est essentiellement une affection récurrente, aussi doit-on s'attendre à un retour des symptômes et ne pas être pris au dépourvu. » (Vivre et travailler avec la schizophrénie)

D'après les familles qui connaissent déjà le problème, les comportements révélateurs d'une récidive sont généralement les mêmes que ceux qui ont précédé le premier épisode. Voici quelques-uns des signes les plus courants : la somnolence, un repli sur soi accru, une détérioration de l'hygiène personnelle, des troubles de la pensée et de l'élocution, des signes d'hallucinations visuelles et auditives (par d'exemple, une tendance excessive à écouter de la musique forte, généralement avec des écouteurs, sans doute dans le but de noyer les voix). Si vous observez chez le sujet l'un ou l'autre de ces comportements, appelez sans tarder son médecin.

Une récidive peut se produire aussi bien pour un certain nombre de raisons que sans raison apparente. Dans certains cas, des symptômes aigus réapparaissent après que le sujet a cessé de prendre des médicaments pendant une période assez longue. Parfois, la dose de médicaments n'est pas suffisamment forte pour empêcher une récidive. Il peut aussi arriver que la personne ne reçoive pas assez de soutien, soit de sa famille, soit des services communautaires. Ou encore, il est possible qu'elle ait vécu récemment un stress mental aigu tel que le décès d'un être cher, la perte d'un emploi ou un déménagement. Autre possibilité, le sujet est tout simplement physiquement épuisé, ou consomme de l'alcool ou de la drogue dans l'espoir d'y trouver un « réconfort » momentané. Parfois aussi, le phénomène est causé par un facteur auquel il est assez facile de remédier. Par exemple, il est possible d'augmenter la dose de médicaments, de prévoir un bref séjour à l'hôpital ou d'obtenir un soutien accru.

Les professionnels de la santé mettent en garde contre les risques de récidive au cours d'une période dite d'« autogestion de la santé », phénomène que l'on retrouve également dans d'autres maladies comme le diabète et l'arthrite. De manière générale, l'individu manifeste ce désir d'autonomie de trois à cinq ans après que le diagnostic de schizophrénie a été posé, car c'est à ce moment-là que, fatigué de la maladie, il décide de se prendre en main. Il peut alors choisir de ne plus prendre de médicaments ou d'adhérer à un groupe religieux. Il peut aussi vouloir essayer d'« exorciser » la maladie en la chassant de son corps par des exercices violents. Ou encore, il peut consommer de grandes quantités de vitamines ou de produits d'herboristerie, etc.

La récidive est une expérience très décevante, mais comme le souligne une mère : « Il n'y a pas de différence énorme entre les personnes atteintes de schizophrénie et celles qui souffrent de n'importe quelle autre maladie, surtout lorsqu'on a affaire à des jeunes. Elles refusent de se laver ou de s'alimenter sainement; elles oublient de prendre leurs médicaments; elles ne respectent pas toujours leurs rendez-vous chez le médecin; elles ont du mal à accepter les conseils. »

Bien des familles ont constaté qu'il est possible de s'entendre avec la personne, lorsqu'elle est bien portante, au sujet de l'attitude à adopter en cas de récidive. La question doit être abordée avec le sujet et son médecin. Ainsi, des parents ont bien fait comprendre à leur fils, qui s'était montré extrêmement agressif au début, que si jamais il menaçait d'être violent, ou s'il causait de nouveaux dégâts, il serait tenu de quitter la maison. Il se rendrait à l'hôpital en taxi, accompagné de policiers ou de ses parents, mais il ne serait plus autorisé à demeurer dans la maison familiale. Ils lui ont dit que parce qu'il était majeur, ils le poursuivraient pour intrusion dans une propriété privée, et qu'ils feraient venir les policiers s'il ne respectait pas l'entente.

D'autres familles, qui avaient affaire à quelqu'un de moins agressif, ont constaté qu'il suffisait de lui dire qu'il pouvait continuer de vivre dans la maison familiale à condition de consentir à consulter un professionnel de la santé en cas de récidive.

Là encore, les familles ont souligné que le fait d'être au courant de l'évolution de la maladie de la personne est primordial si l'on veut prendre les mesures nécessaires afin d'éviter une récidive. Bien des gens qui souffrent de schizophrénie, et qui ont réussi à vivre avec cette affection, ont appris à être à l'affût des signes de récidive et à appeler leur médecin. Certains ont même pris l'habitude de téléphoner à la police lorsqu'ils ont l'impression de ne plus être maîtres d'eux-mêmes. Pourquoi ne pas discuter avec la personne de l'opportunité de dresser une liste de « signes de récidive » et une liste de « stratégies », comme le font certains pour surmonter une période difficile.


Texte tiré de:
LA SCHIZOPHRÉNIE, guide à l'intention des familles.
Par Santé Canada en collaboration avec la Société Canadienne de Schizophrénie.

RETOUR AUX PUBLICATIONS
Offrir du soutien aux familles touchées par la maladie mentale d'un proche, essentiellement au service de la banlieue ouest de l'île de Montréal.
Conditons d'utilisation   Copyright Friends for Mental Health/Les Amis de la santé mentale 2006-2008.