La violence et la maladie mentale
De nos jours, les communiqués de presse ayant trait à la maladie mentale ont tendance à insister sur le fait qu'un soi-disant lien existe entre la violence et la maladie mentale. Les reportages suggèrent souvent qu'une forte relation existe entre la maladie mentale et le crime. Pourtant, la majorité des gens qui sont violents ne sont pas atteints de maladies mentales. En fait, les gens atteints d'une maladie mentale sont plus susceptibles d'être la victime d'un acte de violence que de le commettre.
Les médias citent souvent d'impressionnantes statistiques pour souligner leurs cas, mais il faut aussi considérer la question dans son ensemble. Par exemple, des études ont révélé que le taux de violence (définie comme menacer, frapper, se battre ou faire du mal à une autre personne d'une manière quelconque) chez les gens atteints de maladie mentale est 3 à 5 fois plus élevé que chez les autres. Par lui-même, ce chiffre est inquiétant. Cependant, il se compare aux actes de violence beaucoup plus nombreux commis par les hommes que par les femmes.
Des études récentes ont démontré que l'alcool et l'abus d'intoxicants surpassent de beaucoup la maladie mentale en tant qu'éléments déclencheurs de violence. Une étude menée par Santé Canada en 1996 sur divers articles scientifiques révéla que le plus fort élément prédisposant à la violence et au comportement criminel n'est pas la maladie mentale grave, mais bien les antécédents de violence et d'activités criminelles.
Changer les croyances n'est pas une tâche facile. Il est cependant important de redresser les fausses informations relatives à cette question, car elles ne font qu'encourager l'intolérance et ont un effet négatif sur la vie des gens atteints de maladies mentales et sur l'ensemble de notre société. Se renseigner au sujet de la violence et de la maladie mentale est un premier pas important qui permettra d'adopter des attitudes réalistes envers cette question complexe.
LA MALADIE MENTALE SUSCITE-T-ELLE LA VIOLENCE?
La plupart des crimes violents commis dans notre société ne sont pas attribuables à la maladie mentale. La supposition qu'un potentiel de violence se rattache presque assurément à toutes les maladies mentales s'est avérée incorrecte dans de nombreuses études.
Une relation existe entre les comportements et les symptômes de violence menant la personne à se sentir menacer et/ou dépassant sa capacité à se maîtriser. Des exemples de ces symptômes comprennent : symptômes spécifiques comme des hallucinations dites ordonnées et le sentiment que des forces externes contrôlent l'esprit.
Les recherches en cours démontrent que les personnes atteintes d'une maladie mentale grave sont 2,5 fois plus susceptibles d'être victimes d'un acte de violence que d'autres membres de la société. Dans bien des cas, cela se produit lorsque les facteurs suivants sont présents : la pauvreté, un mode de vie transitoire et l'abus d'intoxicants. La présence de l'un ou l'autre de ces facteurs rend une personne atteinte d'une maladie mentale plus susceptible d'être victime d'agression et d'y réagir d'une manière violente.
QUI EST SUSCEPTIBLE D'ETRE VICTIME?
Le cycle de la violence est remarquablement similaire, qu'une personne soit atteinte de maladie mentale ou non. Par exemple, les gens atteints d'une maladie mentale ne sont pas plus enclins à faire du mal à un étranger que n'importe qui d'autre. Toute personne ayant un comportement violent s'en prend généralement aux membres de sa famille et à ses amis plutôt qu'aux étrangers et ce, à la maison, pas en public.
D'ordinaire, ce sont les conjoints, partenaires intimes et autres membres de la famille qui subissent les actes de violence commis par une personne atteinte d'une maladie mentale. Dans la plupart des cas, ces actes de violence sont commis par des hommes envers les femmes, comme c'est le cas d'ailleurs dans l'ensemble de la population.
LES FACTEURS INFLUANTS SUR LA VIOLENCE
Les conditions augmentant le risque de violence sont les mêmes, qu'une personne soit atteinte d'une maladie mentale ou non. Dans notre société, les comportements violents sont principalement attribués à l'alcool et à l'abus d'intoxicants.
Un autre facteur important est la présence d'antécédents de violence. Les individus atteints d'une psychose ou d'une déficience neurologique qui vivent dans un environnement stressant et imprévisible, avec peu de soutien familial ou communautaire, sont probablement beaucoup plus susceptibles de se comporter de manière violente.
Le risque de violence familiale est lié, entre autres facteurs, à un faible statut socio-économique, au stress social, à l'isolement social, au manque d'estime de soi et aux problèmes de personnalité.
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