Comment réagir aux comportements embarrassants
Il y aurait deux façons de réagir face aux comportements gênants : déterminer très clairement avec l'intéressé quels sont les comportements qui seront ou qui ne seront pas tolérés et analyser notre propre attitude afin de trouver pourquoi la situation nous gêne.
Certaines familles ont remarqué qu'il est parfois beaucoup plus facile qu'on ne le croit d'arriver à s'entendre sur les comportements. Voici à cet égard le témoignage d'une femme : « Lorsqu'il était question du comportement de ma fille, j'avais tendance à vouloir trouver à tout prix la façon « juste » d'aborder le problème. Je voulais corriger la situation en évitant de heurter ses sentiments. C'est pourquoi il m'arrivait de ne rien faire, puisque j'étais incapable de décider de la démarche à adopter. Par exemple, mon fils m'a fait savoir un jour que lorsqu'il recevait ses amis à la maison, sa sour se joignait au groupe et avait une façon d'agir qui le gênait. Il m'a prié d'intervenir. J'ai mis des jours à tenter de trouver une solution intelligente et judicieuse. Si bien qu'un jour, mon fils m'a appris qu'il avait lui-même réglé le problème. Il avait tout simplement dit à sa sour que lorsqu'il avait des amis à la maison, il souhaitait être seul avec eux. Mon fils a eu une réaction directe et franche, et sa sour n'en a pas été blessée. »
Beaucoup de familles conviennent que l'approche directe peut parfois donner de bons résultats. Il leur est arrivé d'obtenir des changements de comportement par des propos tels que : « Arrête de faire ça », ou « Débarrasse-toi de cette habitude », ou encore « Tu ne devrais pas agir ainsi ». Elles sont d'avis que vous devez vous rendre compte que la personne n'est pas toujours consciente d'avoir un comportement inadéquat et que, dans ce cas, un simple rappel suffira. Par exemple : « Tu serais gentil de ne pas fumer ici. M me Leblanc souffre d'asthme. »
Certaines familles en arrivent à « négocier » des comportements acceptables, mais elles devraient bien évaluer les risques avant de le faire : « Si tu fais (ou si tu ne fais pas) telle chose, on t'invitera au restaurant ou on t'achètera tel nouveau disque ou on t'emmènera en ballade », etc. Là encore, les résultats que vous obtiendrez dépendront d'une appréciation réaliste et d'une acceptation du problème. N'oubliez pas que certains comportements sont plus longs que d'autres à corriger et qu'il faut faire preuve de beaucoup de patience.
Il arrive que quoi qu'on fasse, le comportement gênant se reproduise au moment où on s'y attend le moins. Le cas échéant, les familles qui sont déjà passées par là sont d'avis que vous devez alors remettre en question votre propre attitude. Autrement dit, pourquoi éprouvez-vous de la gêne pour le comportement de quelqu'un que vous savez être atteint d'une affection qui altère ses fonctions cérébrales? La réponse, bien entendu, est que, comme c'est le cas avec n'importe quel comportement gênant, nous avons tendance à penser que tous les regards sont braqués sur nous, et nous craignons que les gens pensent que le problème vient de nous, et non pas de l'auteur du comportement en question. Et la remarque est vraie, que la personne soit un conjoint qui a pris un verre de trop au cours d'une soirée, ou un enfant de deux ans qui pique une crise, ou encore, un adolescent schizophrène qui danse nu sur la pelouse. Le problème est que lorsque nous nous laissons atteindre dans notre propre estime en raison du comportement de quelqu'un d'autre, nous n'arrivons plus à bien réagir face à ce comportement. À cela s'ajoute parfois une crainte véritable que la personne perde l'estime des autres - « Voilà que Paul rate sa chance de se faire des amis. »
Les familles qui ont eu à faire face à ce type de problème considèrent que, si besoin était, elles seraient maintenant capables de venir en aide à la personne malade sans pour autant se sentir responsables des comportements gênants qu'elle pourrait avoir. Elles ont changé leur perception des choses et se rendent compte que c'est « l'observateur » qui peut avoir un problème d'attitude. Maintenant, il leur arrive souvent de ressentir de la tristesse, plutôt que de la gêne, à voir la personne malade se débattre pour s'adapter au monde de la « normalité ». Selon elles, il ne faudrait pas perdre de vue que si le membre de la famille qui souffre le plus n'est pas la personne malade, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond, et l'intéressé devrait consulter un professionnel de la santé.
Voici quelques conseils pratiques qui devraient vous aider à réagir aux comportements soudains ou impulsifs de votre parent atteint de schizophrénie
1. Entreprenez immédiatement de mettre un terme au comportement ou de le modifier.
2. Soyez ferme envers la personne; montrez-lui de la colère, mais ne la maltraitez jamais.
3. Soyez poli à l'égard des « spectateurs ». Tenez pour acquis qu'ils sont compréhensifs et tolérants.
4. Au besoin, faites des excuses et expliquez la situation à quiconque est touché par l'incident.
5. Offrez, s'il y a lieu, de dédommager la personne, de remettre les choses à leur place et de nettoyer les lieux, de donner à quiconque les explications qui s'imposent, etc.
6. Gardez votre sens de l'humour.
Racontez l'incident à quelqu'un qui ne manquera pas d'en retenir le côté « drôle ».
Texte tiré de: LA SCHIZOPRÉNIE, guide à l'intention des familles. Par Santé Canada en collaboration avec la Société Canadienne de Schizophrénie (à visiter le web: www.hc-sc.gc.ca/hppb/sante-mentale/pubs/laschizophrenie/index.html ).
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