Comment mieux communiquer avec votre proche
Par Tamar Perecowicz LIEN AMICAL
La maladie mentale est une condition qui nous rejoint tous à différents degrés. Quand elle affecte notre vie en touchant un proche, c'est loin d'être facile. À la côtoyer, différents sentiments comme la culpabilité, la honte, la confusion, la frustration, le désespoir, se font ressentir et nous aliènent. On se sent coupé de la personne qu'on aime et éventuellement de soi-même. On cherche à faire sens de l'insensé.
Pour la personne qui a une maladie mentale sévère, il va sans dire, qu'elle en est terriblement affectée. Ses manières de penser et d'agir sont fonction d'un univers intérieur forclos qui tronque la réalité. Ses propres intuitions ou instincts la renseignent mal et la trahissent. Animées d'émotions troubles, imprévisibles ou incompréhensibles, elle s'isole et se sent aisément incomprises des personnes qui l'entourent.
De part et d'autre, la communication est alors plus difficile, si non fortement compromise. Voici quelques principes qui visent à la favoriser.
Le respect.plus qu'un mot de 7 lettres: Il est toujours important de se rappeler que la personne qu'on aime et qui a une maladie mentale n'a pas voulu cette condition. Le plus souvent, elle agit en faisant de son mieux et dans son meilleur intérêt selon son point de vu. Compte tenu de ses impairs cognitifs, de son grand désarroi et de ses ressources limitées, elle cherchera à trouver des solutions aux difficultés qu'elle peut reconnaître, à sa manière. Ainsi, elle doit être respectée et reconnue pour ses mérites face aux défis exceptionnels que présente sa maladie mentale et voir en quoi celle-ci la limitent nécessairement.
Un bon environnement favorise une bonne communication: Un bon contexte est propice à une communication plus ouverte. L'endroit où on se rencontre, le moment de la journée, le temps dont on dispose, l'habitude que l'on prend à le faire à certains moments convenus d'avance, peuvent faciliter les choses. Partager des activités agréables, où les sujets de conflit ne sont pas abordés, favorise la confiance mutuelle. Dans les situations tendues, on aura avantage à couper court et à ne pas nourrir les échanges d'arguments et les émotions emportées. Donner au proche des choix, lui rappellera qu'il a des options dans différents aspects de sa vie malgré les limites qui s'imposent à lui en raison de la maladie. Il pourra mieux les tolérées.
Penser processus plus que résultat: Une communication saine repose sur la confiance, la compréhension, un échange ouvert et fluide d'idées. Idéalement, l'attitude doit restée positive. Le dialogue sans tension prédispose à l'acceptation des différences et facilite les terrains d'entente. Il permet de négocier en gardant une perspective élargie des positions. Aussi bizarres et irrationnels que puisse apparaître les propos tenus par la personne atteinte de maladie mentale, l'aidant aura toujours avantage à valider ces points de vue comme étant importants pour elle. Cela n'empêche pas de lui faire part qu'il ne partage pas nécessairement ces opinions. Il faut éviter les jugements et les reproches. Dans ce sens, la qualité du contact relationnel devient plus important que les sujets de discussion eux-mêmes. Le résultat escompté n'est pas de gagner un point mais de maintenir la communication ouverte. Dans cet esprit, le proche atteint se sentira soutenu et mieux compris. Il pourra prendre le risque de partager d'avantage ses préoccupations et augmenter ses chances de recevoir l'aide qu'il a besoin.
Moyens de communication pratiques: Restez calme, soyez direct et sans détour en utilisant des phrases concises et claires. Utilisez des mots simples. Portez attention à votre langage non verbal. Faites face à la personne en lui parlant, gardez une distance raisonnable avec elle et évitez d'être distrait par autre chose. Si la discussion devient moins confortable, offrez l'option que le sujet soit repris après un temps de réflexion et permettez à l'autre de partir. Restez réaliste dans vos attentes envers la personne qui est atteinte. Parmi les nombreux défis qui s'imposent, voyez les priorités et gardez à l'esprit les capacités actuelles de la personne. Les règles et les limites doivent être raisonnables. Si elles sont transgressées, on doit évaluer le comportement fautif sans porter atteinte à la qualité et l'intégrité de la personne elle-même.
Traitez votre proche comme vous-même: Lorsqu'il y a des impasses, il faut savoir user d'espace et de temps. Comme vous, votre proche a besoin de distance et de moments de réflexion pour se retrouver et arriver à des solutions aux problèmes. Lui donner de l'espace et du temps sont aussi des alliés sûrs pour lui permettre de faire les efforts nécessaires et retrouver de l'autonomie. Là où vous ne comblerez pas ces manques, il pourra reprendre du pouvoir sur sa vie.
Les bénéfices d'une communication plus saine: Les familles qui arrivent à maintenir une communication ouverte améliorent leur qualité de vie de manière significative. Une réduction du stress en résulte. Cela prévient les crises et diminue les chances de rechutes.
Une bonne communication demande de la patience et de la pratique. À la longue une impression de confiance demeure et met en échec celle de l'isolement et de la solitude.
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