Avoir une bonne santé mental

Des observations additionnelles de Sheryl Bruce, conseillère

          C’est un fardeau terrible pour une famille quand l’un de ses membres a une maladie mentale, ou lorsqu’il y a de longs épisodes de maladie ou des épisodes qui se reproduisent. Plusieurs d’entre vous êtes stressés ou épuisés alors que vous essayez de faire face aux situations difficiles ou aux gens problématique dans votre vie. Il est important de prendre soin de votre propre santé mentale et physique afin de pouvoir donner le meilleur de vous-mêmes à toute la famille. Vous n’aidez personne si vous êtes trop stressé pour fonctionner convenablement.

          Avoir une bonne santé mentale veut dire avoir une bonne sensation de bien-être et de croire en sa dignité et son mérite ainsi que ceux des autres. Lorsqu’ils n’ont pas une bonne santé mentale, les gens ne peuvent pas développer leur potentiel et risquent d’avoir des maladies physiques. En passant, il faut dire qu’il est possible d’avoir une maladie mentale et d’avoir une bonne santé mentale. Bill MacPhee, un homme atteint de schizophrénie qui a fondé Schizophrenia Digest, est un bon exemple. Voici des suggestions pour assurer que vous faites ce qu’il faut pour avoir une bonne santé mentale. Faites de petits changements à votre mode de vie que vous pouvez maintenir pour toujours! Ne cherchez pas les solutions rapides ou des résultats immédiats. De petits changements continus porteront des fruits toute la vie.

          Votre but primordial devrait être de répondre à vos besoins de repos et de sommeil. Évidemment, ceci s’applique à tous les membres de la famille. Après trois nuits sans ou presque sans sommeil, vous devez faire quelque chose. Le corps doit récupérer, et la norme est de sept à huit heures de sommeil. Il vaut mieux essayer des remèdes non médicinaux avant d’avoir recours à des remèdes prescrits. Si vous avez de la difficulté à vous endormir, une tasse de lait chaud une demi-heure avant le coucher peut aider. Il vous faut aussi réduire votre consommation de caféine à deux tasses par jour, toujours avant seize heures. N’oubliez pas qu’il y a de la caféine dans le café, le thé, le chocolat, et les colas; il est bon de lire les étiquettes des boissons gazeuses et des produits de grignotage. Consultez chealth.canoe.ca pour évaluer votre hygiène de sommeil. Si vous avez toujours de la difficulté à dormir, consultez votre médecin pour une prescription de courte durée.

          Après avoir pris soin du sommeil, il vous faut évaluer ce qui vous cause du stress afin de trouver des moyens pour le réduire. Certaines choses peuvent être éliminées et certaines peuvent être réduites. Pour celles qui restent, il faut trouver des techniques pour leur faire face d’une meilleure façon. Premièrement, plusieurs d’entre nous avons trop à faire. Notre société a tellement de demandes qu’il se peut que le temps de loisir soit restreint. Les choix de dépenser notre argent et notre temps sont nombreux. Souvent nous planifions trop en essayant d’y mettre des activités de tout genre. Il est important de réfléchir sur notre vie et notre famille. Demandons-nous si une telle activité est nécessaire. Pouvons-nous la supprimer à l’occasion? Notre défi est d’apprendre à lire les signaux de notre corps qui disent: arrêtez, non, ou prenez une pause.

          Ensuite il faut savoir que faire de son temps! Il faut trouver le moyen d’être seul et tranquille. Il est nécessaire de se connaître pour juger son besoin de s’éloigner de ses inquiétudes. On trouve des cours de yoga et de méditation partout, et dans notre société bien des gens se précipitent d’aller apprendre à trouver la solitude! Voici un conseil: prenez cinq minutes par jour pour réfléchir sur la vie, pour exprimer votre gratitude pour les choses comme la nature, la beauté et votre famille. Ayez une pensée positive sur le monde, sur vous-même ou ceux que vous aimez. Lorsque vous aurez pris cette habitude, après deux semaines disons, ajoutez cinq minutes de plus.

          Pour réduire le stress il faut parfois se restreindre. Mais pour ce faire, il faut réfléchir pour savoir ce que vous pouvez et ne pouvez pas régler. Les semaines varient. Vous n’avez pas toujours la même énergie, et il est important de respecter votre corps, d’écouter vos besoins et d’établir des limites afin de protéger votre énergie. Après réflexion, vous devriez être en mesure de dire: je me respecte assez pour établir cette limite. Il ne faut pas attendre de ne plus avoir d’énergie pour dire non. En tant que parent, vous avez le devoir de montrer aux autres comment vous prenez soin de vous-même. Votre être cher malade doit aussi apprendre à établir ses propres limites. Bref, vous devez respecter votre corps et votre rythme ce qui vous permettra de montrer aux autres à se respecter et à vous respecter!

          Il est nécessaire de développer des mécanismes positifs afin de parer aux situations très stressantes. Ayez une mentalité positive qui, par exemple, vous fera dire: il y a une solution à ce problème même si je ne la vois pas encore. Il est très important de croire en l’avenir et d’espérer un meilleur futur. Un autre outil est de décider à qui appartient le problème. Les aidants naturels qui sont en burn-out essaient souvent de résoudre les problèmes des autres. Les situations sont souvent compliquées, mais essayez de reculer pour voir si vous devez résoudre le problème. Regardez quels sont les buts que votre être cher malade essaie  d’atteindre pour voir s’ il/elle peut apprendre à s’occuper d’une partie du fardeau. Ceci est aussi du respect parce que vous croyez qu’il/elle peut le faire ou apprendre à le faire. Une autre façon de voir la situation est de vous interroger. À long terme, que puis-je faire ou ne pas faire qui l’aidera à apprendre de nouvelles choses? Ne rien changer peut économiser de l’énergie et faire des changements requiert quelque fois beaucoup d’énergie; projetez donc de faire des changements lorsque vous avez l’énergie nécessaire pour la tâche, et demandez de l’aide lorsque la tâche demande trop d’énergie. (Les conseillers chez les Amis peuvent vous venir en aide!)

          Un autre mécanisme pour parer au stress est d’apprendre à réduire votre culpabilité ou vos sentiments d’obligation. Vous devez croire que vous n’êtes pas responsable de la maladie de votre être cher ni de sa vie. En tant  que parent, il vous faut renoncer à diriger sa vie et vous devez l’aider à apprendre à développer son indépendance. Quelque soit l’âge de l’enfant, quatorze ou quarante ans, il/elle doit apprendre que ses actions ont des conséquences, et la plupart peuvent l’apprendre (peut-être pas aussi vite que nous l’aimerions toutefois, et ceux qui ont des déficiences neurologiques auront de la difficulté à apprendre certaines choses).

          Une autre technique pour parer au stress est d’apprendre à relaxer son corps. Si vous avez de la difficulté, je vous suggère un massage, ou des cours de yoga ou de tai-chi. Je vous recommande également de faire de l’exercice ce qui est nécessaire pour le fonctionnement idéal du corps. Vous aurez plus de force et vous serez moins stressé; l’exercice engendre également un meilleur sommeil et une meilleure image de soi. Ceci n’est pas à sous-estimer: le stress diminue lorsque l’on se concentre sur autre chose. Les sports d’équipe soulagent le stress. Marcher de bon pas est bon, mais ne marchez pas en vous plaignant; soyez gentils envers vous-même et voyez la beauté et le plaisir de la marche.  Il est à noter qu’une étude de dix mois à l’université Duke a démontré que l’exercice vaut autant que les médicaments pour combattre les idées noires. Une marche d’un bon pas de trente minutes par jour suffit!*

          Une bonne alimentation va de pair avec l’exercice. Assurez-vous que votre régime alimentaire est équilibré. La plupart des gens devraient manger plus de fruits et de légumes. Évitez les sucres et les glucides sans valeur nutritive. Une bonne alimentation garde le système immunitaire fort pour combattre la maladie. Évitez des stratégies négatives comme la caféine, le tabac ou l’alcool pour réduire le stress. Un bon livre à lire est You on a Diet des docteurs Roizen et Oz.

         Intéressez-vous à des passe temps ou des activités sportives, des choses qui pourraient augmenter votre fierté personnelle et vous permettraient de rencontrer d’autres gens. Développez votre sens de l’humour. Vous avez le droit d’avoir du plaisir et de vous amuser. Le jardinage, la danse, la lecture, la musique sont de bons choix. Faites-vous un groupe d’amis qui pourra offrir du soutien ou joignez-vous à un groupe d’entraide. N’oubliez pas de prendre des vacances de temps en temps.

          Si vous vous sentez encore stressé après avoir fait des changements positifs, demandez de l’aide d’un conseiller et/ou de votre médecin de famille. À certains moments, des médicaments (pour dormir, contre l’anxiété ou des antidépresseurs) peuvent aider pour une courte période jusqu’à ce que vous soyez plus fort. Aujourd’hui est la seule journée que nous avons. Le passé est passé, et demain est demain. Acceptez les autres comme ils sont aujourd’hui et acceptez-vous, ainsi vous serez dans la bonne voie vers une meilleure santé mentale.

 

* Si vous voulez plus de renseignements, voyez chealth.canoe.ca où j’ai vérifié mes commentaires.    

 

Traduction par Denise Crawden

RETOUR AUX PUBLICATIONS
Offrir du soutien aux familles toucheés par la maladie mentale d'un proche, essentiellement au service de la banlieue ouest de l'île de Montréal.
Copyright Friends for Mental Health/Les Amis de la santé mentale 2006-2008.